Journée du 19 juillet 2008, Villers-Cotterêts

Journée du 26 juillet 2008, Oulchy et Fère-en-Tardenois

Journée du 2 août 2008, Fismes

Journée du 9 août 2008, Montdidier

DÉGAGEMENT DES VOIES FERRÉES DE ROCADE

Merci à la personne qui nous a transmis ce texte extrait de "La Guerre racontée par nos Généraux", édité par la Librairie Schwarz, en 1921

Texte du Maréchal Fayolle

 

Le mémoire du général Foch du 24 juillet prévoyait, toute une série d'opérations offensives devant entraîner le dégagement des voies ferrées Paris-Avricourt dans la région de la Marne (réduction de la poche de Château-Thierry); dégagement de la voie ferrée Paris-Amiens (réduction de la poche de Montdidier); dégagement de la voie ferrée Paris-Avricourt dans la région de Commercy (réduction de la poche de Saint-Mihiel); à ces opérations il faut ajouter le dégagement des mines du nord (réduction de la poche du Kemmel)

A la fin d'août, les deux premiers résultats étaient obtenus. La voie ferrées de Paris à Châlons était libre depuis le 27 juillet, celle de Paris-Amiens l'était devenue depuis le 10 août et on travaillait activement à les remettre en état. Nous allions bientôt retrouver la libre possession de la meilleure de nos grandes rocades (Amiens, Le Bourget, Noisy, Châlons) et la rapidité de nos manúuvres devait s'en trouver singulièrement améliorée.

La troisième opération était en cours de préparation et la quatrième avait déjà reçu un commencement d'exécution; les allemands évacuaient progressivement la poche de Kemmel. A la fin d'août, ils avaient abandonné Dranoutre, Bailleul, Merville; toutefois Béthune était encore sous le feu de leurs canons.

A ce propos, il n'est pas sans intérêt de noter ici l'effort considérable qui fut fait sur les réseaux du Nord et de l'Est pendant la période d'avril à septembre 1918.

Dès la fin de mars, l'occupation par les Allemands nous avait privé de l'usage de la ligne de Longueil à Amiens ; quelques jours plus tard, il avait fallu renoncer à utiliser celle de Creil-Amiens qui se trouvait, entre Breteuil et Boves, sous le canon ennemi.

Or, en période normale, nos communications avec la région du Nord exigeaient une moyenne de 150 trains par jour, dans chaque sens ; c'est à dire combien les relations entre les armées alliées furent parfois précaires, notamment lors de la formation de la poche du Kemmel.

Il fallut aller chercher plus à l'ouest des itinéraires compliqués, empruntant des sections à voie unique qui ne se prêtaient pas à au trafic intensif des périodes de bataille.

Sans perdre de temps on se mit au travail pour améliorer la partie du réseau comprise entre Amiens, Abbeville, Dieppe et Beauvais. Des raccordements furent construits pour éviter les rebroussements ; des voies ferrées furent doublées pour en augmenter le débit.

Mais toutes ces mesures n'étaient que des palliatifs ; la construction de toutes pièces d'une ligne nouvelle, directe et à double voie, entre Feuquières, sur la ligne de Beauvais au Tréport, et Ponthoile, entre Abbeville et Boulogne, fut immédiatement étudiée.

La construction fut décidée le 20 avril et des mesures préparatoires prises sans délaie. Le premier coup de pioche fut donné le 2 mai ; le 20 août, la ligne était complètement achevée et mise en exploitation.

La construction en moins de quatre mois de cette ligne de 176 kilomètres, qui nécessita 780.000 mètres cubes de terrassement et 260.000 mètres cubes de ballast, représente un véritable tour de force qui fait grand honneur à nos sapeurs de chemin de fer et au réseau du Nord.

Sur le réseau de l'Est, lorsque les Allemands bordèrent la Marne de Château-Thierry à Dormans, la ligne directe de Paris - Châlons devint inutilisable. Il fallut adopter comme rocade la plus proche du front la ligne Paris, Coulommiers, Sézanne, Vitry.

Sur cette ligne, aussi médiocre au point de vue de l'organisation des ravitaillements qu'à celui des mouvements de troupes, il fallut procéder à des aménagements considérables exécutés avec le maximum de rapidité, en raison de la gravité de la situation.

Cependant, en quelques semaines, les VIe , IXe, Ve et IVe armées étaient à même d'envisager sans appréhension la bataille que tout faisait prévoir pour le milieu de juillet.

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